Buddy Leezle - Bay Slaps and Disco Raps

If there’s a party, BETTER believe I’m in there. YES, I’m on the motherfuckin’ GUESTLIST! You can call me V.I.P. LEE. Im the FLYEST motherfucker in here. L.L.L.=Ladies LOVE Leroy... I can DRESS, RAP, & DANCE better than you. If Hip-Hop is DEAD, then Club is ALIVE. PARTY HARD or GO HOME! Don’t you know I’m JESUS, bitch!

Buddy Leezle c'est le nom. Leroy en vrai. Avec Cerebral Vortex, il forme 215:The Freshest Kidz Il fait du bruit depuis SF, depuis le track avec LAZER SWORD (Dublab), dirty industrial, c'est un peu l'attitude hyphy cocky and confident qui envahi tout les styles de rap de la baie, Buddy c est genre du hyphy glitch avec des instrus keuss dolorean style mais en meme temps tu chilles tranquille avec une enchilada ou un jus de fruits en plein soleil avec le meme morceau le lendemain.

versatile shit.

Et sinon le type nous lache sa mixtape Crown Purple gratos, avec deux morceaux extraits de Hipster Jesus, la prochaine tape prevue pour mai, avec dedans l anthem dirty industrial.

Donc vas-y, http://www.zshare.net/download/9015149146c67b/

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nIdaL, dimanche 20 avril 2008 | | Commentaire(s)

CAPONE – Q.B CAT

Avec l'une des voix les plus distinctives des rues de Queensbridge, pour ne pas dire de New York, Capone reste toujours lié à Noreaga, avec lequel il a formé CNN, duo qui a sorti "The War Report" et "The Reunion", parmi d'autres projets... Capone a attiré les auditeurs de rap par sa longévité à faire du rap de rue depuis plus de dix ans maintenant. Connu aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, ce chat de gouttière platiné est la preuve que la parole peut être une publicité plus importante que les méthodes traditionnelles...

Quand est-ce que tu as commencé à rapper et comment ça t'est venu ? J'avais 15 ans, peut-être moins, tu vois c'que j'veux dire ? On écrivait des raps dans le parc avec les homies, en fumant des joints et en buvant. J'ai jamais voulu faire cette merde en classe, alors j'ai écrit des conneries de la rue, et c'est devenu une habitude, tu sais. J'ai juste continué à mettre les mots ensemble, comme beaucoup d'autres...

Ta voix est reconnaissable au premier mot, la plupart du temps parce que tu as un langage cassé, mais le ton de ta voix... Ouais ouais (rires)... Je connais cette merde. Les negros dans le quartier disent que Capone est unique à cause de ma voix qui sonne comme ça. Fumer et boire depuis longtemps m'a mené droit à ça, mais j'avais aussi cette voix quand j'étais un petit rugueux de la rue, tu vois ?

Tu as dû te battre assez durement pour sortir ta musique et qu'elle soit écouté à NYC ? Je suis passé par pas mal de choses en ce qui concerne la crapulerie, alors pour moi c'était marrant de vendre des mixtapes et d'écrire de la merde qui pourrait un jour me faire gagner de la monnaie. Je vivais 13 heures par jour dans la rue, dealant... J'ai jamais vendu de mixtapes aux coins de la rue, quelques dj's dans le Queens aidaient les rappeurs avec les mixtapes, et alors on a été "Unsigned Hype" dans le magazine The Source avec NORE, donc ça a commencé en quelque sorte comme ça. Et aussi avec la vidéo "L.A. L.A." avec le remix de Marley Marl qui a éclaté la tête des négros. Straight bullet, no shit !

Quelle étiquette on t'a donné en tant qu'artiste et est-ce que tu trouves celle-ci juste ? Je m'en fous de comment les gens me voient, je veux juste ces billets de dollars ou d'euros ou d'argent, tu sais. Si un mec pense que je lui dois un truc parce qu'il a juste sorti quelques disques, c'est une chatte. J'suis libre, je sais juste que je suis un rappeur. Les gens regardent trop les étiquettes en pensant "c'est une saveur", alors que moi autant que je sois concerné, c'est une question d'emprunt à la banque. Une maison de disque n'est pas là pour te rendre riche, mais pour qu'elle devienne riche et après tu dois par toi-même voir comment tu peux prendre un peu de pain de cette maison de disque. C'est comme ça mec...

On dit que tu as rencontré Noreaga en prison ? Ouais dans la cuisine. On nous avait foutu dans la putain de cuisine ensemble. On faisait la plonge, la bouffe, la merde...

T’as passé beaucoup de temps en prison, tu fais souvent des aller-retours ? Ouais, quand je suis sorti en 1999, on a enregistré, c’était vraiment une réunion. C’était dur la taule mais c'est comme ça. En même temps ça motive un négro. En prison si tu as juste des pompes et des haltères à soulever, tu deviens bête. Tu dois soulever ton esprit aussi, t'exprimer, écrire, peindre des merdes ou je sais pas, tu deviens un peu fou autrement. La prison fait partie de Queensbridge, on a ca dans notre vie comme l’hôpital ou ceci cela, bien sur j’aime pas la prison. Je m’en tape je veux pas aller en prison mais c’est pas un enfer quand tu connais des gens à l’intérieur. C’est un enfer pour les mecs sans connexions, perdus. Ils deviennent homos ou fous ces types, j’en ai vu des choses.

C’est quoi l’histoire de vos noms ? Vous avez, à un moment, toi et Noreaga, eu des problèmes avec Tommy Boy je crois ? Ouais c’est ce que je te disais sur les labels. Ils ont l’argent et ils te cassent les couilles comme une putain de banque. Après Tommy Boy, vers 2003, on a été obligé de nous faire appeler C-N-N, et Noreaga a du changer son nom pour N.O.R.E, mais au niveau administratif, parce qu’au niveau mixtape et stickers et aussi sur l’album on s'en tapait, mais pour les avocats il fallait des papiers, des inscriptions de merde etc... Ensuite, on a été accueilli chez Def Jam mais ça a été la merde aussi. Ils ont cassé mon contrat et ils ont gardé N.O.R.E. Ca a faillit nous séparer en tant que duo, ça foutait la merde, ça nous cassait les couilles ces conneries de labels. Mais l’important c’était de faire de l’argent donc on a continué, N.O.R.E dans son coin a fait son beurre et il a raison.

Ton premier solo sous le nom Capone est sorti en 2005. Pourquoi si tard ? Moi j’ai enregistré mon premier album sans pression, j’ai pris mon temps. Comme je te le disais, mon monde c’est la rue. Tu fais souvent plus d’argent dans la rue qu’avec la musique, d’où je viens. Tout va très vite quand tu dépenses vite, alors il faut toujours penser à tes arrières. Les arrières c’est souvent l’argent. Et puis je voyais bien que Noreaga faisait du pognon avec son album reggaeton (N.O.R.E y la Familia : "Ya Tu Sabe", NDLR). Des négros ont dit qu’il avait oublié le rap mais c'est faux, c'est juste à cause de ses racines qu’il est revenu vers la langue espagnole et le reggaeton, moi je captais car je le connais bien.

T’as eu des problèmes en qualité d’artiste solo avec les labels ? Koch par exemple ? Bien sûr, c’est toujours la même merde… Tu vois sur Tommy Boy, on a touché l’or avec "The Reunion" mais ces bâtards n’ont pas voulu investir plus et ils se sont plantés en beauté, ils ont signé du rock, l'album d'Everlast de House of Pain qui est une merde, et puis après c’est parti en couilles leur merde. Aujourd’hui j’ai été appelé par SMC, un label de la Bay Area. Les mecs vont vite là bas, ils ont compris. Mais demain je te dirais peut être du mal d’eux. Je travaille toujours avec N.O.R.E et mon homie Frizzy "Franchise" Beats, on essaye de faire du beurre et nos albums en mode duo CNN c’est pas fini. On a pas changé, je reste rue, je ne fous pas des refrains sirupeux de merde ou quoi, c’est toujours dans l’esprit rue, pour mes fans, j’en ai beaucoup. Le label SMC Recordings accueille aussi des artistes confirmés comme Mistah Fab ou Pastor Troy…

Sur ton dernier album sorti sur SMC, il y a un morceau titré "Talk My Shit" avec un sample de Prince. C’est un artiste que tu apprécies ? Je vois je vois, c’est pas vraiment un sample, c’est le producteur qui a rejoué un son de Prince. Prince est fort bien sûr, personne ne peut critiquer Prince. Critiquer Prince c’est possible, je veux dire, la personne, je le connais pas…. Mais critiquer sa musique c’est impossible...

Sur ton album "Menace To Society", tu as repris pas mal de dialogues du film du même nom... (Rires). Oui j’adore, ce film est un de mes préférés. J’ai eu de bons retours, surtout sur le morceau avec Scarface "Nowhere to run". C’est le film que j’ai vu le plus dans ma vie je crois. J’ai bossé avec des gars d'Houston et aussi mes gars de Queensbridge. Je suis fier de cet album il est tranquille. J’ai aussi beaucoup bossé sur l’album "Pain, Time & Glory", je me suis investi aussi en tant que producteur et tout, j’allais en studio avec l’ingénieur du son etc. J’essaye d’améliorer tout ce qui touche à ma musique…

T’as été un des premiers gars de Queensbridge a montrer des armes aux caméras, sur des dvds comme celui de Tragedy Khadafy, "A Queensbridge Story". Tu as jamais eu des problèmes ? Bien sûr que si, mais quand les gars te filment des fois tu sais pas trop où ça va atterrir, j’ai été en prison pour port d’arme très souvent et faut faire attention, surtout aujourd’hui les rappeurs sont de plus en plus écouté, sans compter la putain de R.I.A.A. qui nous cassent les couilles.

Et donc, tu es satisfait aujourd’hui de ton deal avec SMC ? Ouais, ils m’ont donné l’opportunité de faire de la radio, sur internet (digimixcast.com). C’est un podcast, vous avez les infos sur www.smcrecordings.com. SMC bosse avec B-Legit, San Quinn, Keak da Sneak ou PSD. C’est des bons. Pour l’instant... Et puis Capone & Noreage reviennent en duo en 2008. Surveillez tout ça. www.capone-qb.com

Propos recueillis par Djama Kotva pour KIF

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Sir-Sux, samedi 8 mars 2008 | | Commentaire(s)

GUEZO, LE CAMP BENINOIS

Avec des rotations sur Radio Latina et un parcours scénique qui débute dès 1998 lors d’un concert anthologique avec Dead Prez à Londres, Guezo continue son parcours en indépendant, invitant Dj Mars de l'écurie Time Bomb, Storm B. et Ace dans son univers qui ondule entre le rap de rue et zoglou extremiste… Il a, entres autres, livré « Le Camp » – édité sur sa structure, Guezo Industrie - un opus qui mêle rap-contact et « zouglou ». Rencontre avec un espoir 2008 du rap français, Guezo. Photo : CYRIL ZANNETTACCI (Cumpaz Affiliated Press)


Ton album était prévu pour 2002-2003, et puis il y a eu un silence radio. Que s’est-il passé entre-temps ? Il est arrivé tard et dans des conditions difficiles… Guezo : J’ai fait un maxi en indépendant, de la main à la main. Je n’avais pas de distributeur. On a été de ville en ville pour distribuer. On a eu des bons retours et ensuite j’ai continué les démarches pour avoir une bonne distribution, pour pas galérer dans les mêmes conditions pour l’album.

Les influences et les schémas musicaux de ton travail sont assez atypiques… Guezo : Sur la musique du Camp, on peut constater que sur 4 mesures, tu ne peux pas te fier à une structure bien définie. Quarante mesures plus tard, cela repart en zouglou ou en musique africaine…


C’est quoi le zouglou ? Guezo : C’est de la musique africaine, de l’Afrique de l’Ouest. Ca vient précisément de la Côte d’Ivoire. Le zouglou a été officialisé dans les années 90. Les chanteurs qui le pratiquent ont les mêmes revendications que les rappeurs. C’est une musique faite à base de percussions et de chants traditionnels. Le mapouka est une danse qui découle du zouglou. Le vrai coupé-décalé vient du zouglou également.

Tes racines t’ont influencées pour ta musique ? Guezo : Je viens du Bénin, j’ai été nourri par les musiques traditionnelles, qu’elles viennent du Mali et d’Afrique de l’Ouest en général. En fait, quand on regarde ma vie, j’ai toujours eu un mélange de culture occidentale et africaine. Quand je dis culture occidentale, c’est le rap qui me vient à l’esprit en premier lieu parce que j’ai grandi dedans. Entre Paris (20ème, Belleville) Nice et Londres ou le Bénin, j’ai beaucoup voyagé...

Peux-tu évoquer le travail de percussions et de programmations sur Le Camp ? Guezo : Je travaille sur des percussions où tu peux changer la modulation. Je fais que des compositions originales sur synthé, de gros synthés type Triton ou autres. J’aime bien jouer note par note, en comprenant ce qu’il y a derrière la musique. Je préfère la configuration basée sur des expandeurs et des claviers-maitres. Mais rien ne m’empêchera de travailler sur le sample à l’avenir, je suis ouvert…

La rencontre avec Petit Denis et Fadiga De Milano s’est faite comment ? Guezo : Petit Denis (de Denko System) est un gangster originaire de Côte D’Ivoire. C’est une star en Afrique, depuis pas mal de temps. Il n’y pas un africain qui ne connaît pas Petit Denis. Son manager Fadiga De Milano est un des plus gros producteurs de musique africaine, surtout zouglou et coupé-décalé. Il produit 80% des artistes Ivoiriens orientés dans ce style musical.

T'as travaillé avec des américains ? Ouais, j’ai participé à un live aux cotés de Dead Prez notamment. J’ai rencontré RZA, et Chuck D, entre autres, j’ai beaucoup appris d’eux. Et je suis toujours à Nice, je squatte les rencontres annuelles entres artistes, labels, majors et indépendants. J’ai eu de bonnes discussions avec RZA et Chuck D, par exemples… Ils sont forts.

Pourquoi tu restes en indé ? J’ai eu des approches, pas mal de labels dont certains ont du pognon, mais je préfère rester en indé et monter ma structure, aller marchander avec les labels ca ne m’interesse pas. Si un label veut ma musique, ils n’ont qu’a me telephoner, m’envoyer un mail ou autre, myspace et tout. J’ai pas le temps de me prendre la tete avec les majors, les indés ou autre. J’ai mon label et j’ai eu un distributeur pour « LE CAMP », et ca peut que continuer dans le bon sens.

D’ou vient le nom Guezo ? Guezo : C’était le Roi du Bénin au 19ème siècle, à l’époque ou le pays se nommait le Daomé. J’ai nommé mon premier opus Le Camp en hommage et à l’effigie des forces armées béninoises… Parce que Le Camp Guezo, c’est le nom de l’Etat Major du Bénin, depuis des années. Etymologiquement, Gue veut dire « flamme », et Zo « vivacité »…

Pour 2008, tu comptes faire quoi ? Je prépare une mixtape avec Storm B, un truc pour la rue, ainsi que des prods pour le prochain album. Je vais aussi normalement poser sur des mixtapes rap français, peut etre sur celle que prépare les frères dDamage, normalement, il y aura Dany Dan et Ekoué, La Caution ou je sais plus qui, peut etre Roi Heenok aussi. Je compte aussi renouer contact avec pas mal de monde, comme DJ Mars, Heenok. Je pense que l’année 2008 va être intéressante pour les jeunes entrepreneurs noirs. Je suis sérieux dans mes affaires. Je prends mon temps mais je suis jeune, ca va arriver.

Propos recueillis par Djama pour KIF

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Sir-Sux, mercredi 2 janvier 2008 | | Commentaire(s)

ITW : 2BAL et la Hyène.

Y’a 10 piges, 2Bal 2Neg était 3 fois plus efficace, coriace, et comme tout vient à point à qui sait attendre, les 2Bal lâche la hyène sur toi. Donc on flingue et n’attend pas qu’cela se passe, laisse la place aux 2Bal, interviewés par Grorille.


Après un street cd, les 2bal sont en tournée, il y a un album qui vient ? Ouais il y a un album qui vient, c'est « le schéma ». On a commencé par un street sorti le 2 mai 2007, « Mapassa », et juste après, on est déjà au boulot pour la suite, l'album en fin d'année ou début 2008.

Vous êtes restés écartés du business du rap un certain temps et vous revenez avec le morceau « comme y a 10 piges », qu'est ce qui a changé pour vous depuis 10 ans justement? Déjà, il y a dix ans de plus, après, le rap est un peu plus médiatisé, il y a toujours autant de groupes quand même, mais bon, on a un peu plus de chance que d'autres parce qu'il y a plus d'argent, un peu moins de groupes de scène, un peu plus de groupes de studio. Le rap est plus diversifié parce que maintenant il y a le slam, y a plein d'autres trucs, il y a du rap de province, de campagne, du rap de cité, du rap de chambre, il y a tout...

Pourquoi avoir choisi de poser avec une hyène pour la promo de Mapassa? Ouais les photos qu'on a mises sur le myspace sont faites avec une hyène, c'est par rapport à la bête en elle même. J'avoue j'en ai vu une en Afrique, je ne savais même pas que c'était aussi balèze, aussi puissant, quand même, à défaut de prendre un pit on un rott, tu vois, la hyène c'est un bel animal.

Ça a aussi à voir avec votre rapport à l'Afrique? Ouais, si t'as écouté le street CD (Mapassa), il y a un disque avec des nouveautés et un disque avec des trucs anciens, qui relate un peu le passé artistique avec des morceaux de 3X plus efficace, des morceaux de Bisso na bisso, des extraits de compils qui n'ont pas fait grand bruit. Nous on a participé au premier projet rap français mélangé avec de la musique africaine, on est réellement précurseurs dans le truc avec Bisso na bisso et je ne pense pas qu'il va y avoir des gens pour nous contredire. Après, ça a fait le bruit que ça a fait, il y a quand même eu une tournée en Afrique, on a été élu meilleur groupe africain, meilleur clip africain aussi, on a fait les Awards africains en 1999, Nelson Mandela présidait la cérémonie, moi ça m'impressionne. Jusqu'à présent les gens nous accueillent bien, là on était en Afrique on a fait une date là bas y a pas un mois, ils connaissent Bisso na bisso.

Vous êtes investis dans des projets sur place? Il y a des financements, des choses comme ça? Ouais mais ça après, c'est au delà de la musique, je pense que c'est comme quand on fait des actes humanitaires , on n'est pas obligés de le faire au nom de 2bal c'est plus un truc qui nous concerne en tant qu'individus, on est du Congo, on a des frères là bas, on est en connexion avec l'Afrique, on y va souvent, donc on essaye de faire des choses là bas et par rapport à notre métier, ça nous permet d'aller faire des scènes aussi. Nous, on veut donner au peuple et il a grave avancé tu vois, il y a tous les artistes et nous on a commencé à tourner même là bas.

Sur « Mapassa » justement, pourquoi avoir choisi de mettre des vieux morceaux sur le deuxième disque ? C'est un peu pour boucler la boucle en disant 2bal c'est un groupe, des jumeaux, donc tout le deuxième cd c'est ça, on a fait tels morceaux, tels trucs et en même temps, on a les nouveaux morceaux pour dire voilà ce qui va arriver après, vraiment comme une carte de visite pour ceux qui ne nous connaissent pas et c'est aussi pour ramener ce public qu'on avait il y a dix ans et qui n'écoute pas forcément le rap de maintenant, ça leur fait du bien, ils ont au moins une compil' à nous.

Il y a des connexions avec la nouvelle scène? On t'aperçoit sur le dvd 77 souterrain d'Orosko... On a la chance d'être sollicités quand même assez souvent, ça nous permet aussi de nous faire connaître, on est comme des enfants nouveaux tu vois, il y a des gens qui ne nous connaissent pas donc quand des jeunes viennent nous solliciter pour un projet, on est obligé d'apparaître même si on peut pas être sur tous les projets. Même quand j'étais en solo, on m'appelait tout le temps pour des featurings, je pense quand même qu'on fait partie des gens qui ont jeté au moins des pierres dans ce mouvement, ça fait que les gens nous sollicitent.

Tu parles de ton passage solo, comment s'est passée l'incarcération de ton jumeau de ce coté là ? Tu as réussi à garder un pied dans le business quand même ? Un pied dans le business ouais, j'ai fait un petit street, « Naufragé du temps » qui est sorti en 2004 et après j'ai fait des apparitions sur des compils, on a fait des projets avec le ménage, on a posé aussi pour des jeunes, des mecs qui faisaient des petites mixtapes, des trucs comme ça. Après j'ai commencé à bosser sur un solo, j'ai du me prendre la tête dessus et au final mon frère est arrivé donc on a fait « Mapassa ».Maintenant, même pendant l'incarcération de mon reuf, alors qu'on est connus comme 2bal, moi G kill on me sollicitait quand même, beaucoup de gens me rappelaient, des fois je refusais, on m'appelait pour un concert, je leur disais « j'ai pas de morceau, ça sert à rien ». mais j'avoue, je peux pas dire qu'on m'a oublié ou quoi que ce soit. Les gens se rappellent de ce qu'on a fait il y a sept ans, le nom était quand même là, il a perduré, les gens dédicaçaient, ça allait. Après sur un plan personnel, c'est sur, c'est mon frère, on est juste frères, s'il était tombé, ça ne concernait que moi, mais c'est mon frère plus que mon collègue de travail, le mec avec qui on fait tout, donc ça bloque encore plus.

Depuis que ton frère est sorti vous avez beaucoup bossé ? En intensif ? Vous préparez beaucoup ? Disons que Mapassa c'est le travail d'un an. Mon frère est arrivé en janvier 2006, on est allés en studio directement et dès qu'on a fini, c'est sorti, voilà. On a fait un morceau par mois pour ça, tu vois, on en a fait douze, on a dit le projet est fini.

Vous avez de bon retours depuis le début de la tournée? Les dates se passent bien ? On est sur scène depuis le mois d'avril, on fait des MJC, des 1ères parties d'américains, des scènes, des plateaux, on va partout, on a environ un ou deux concerts par semaine, là aujourd'hui on est là, à 20h on était sur scène à l'Elysée Montmartre, la semaine prochaine à La Rochelle on fait les Francos et on enchaîne comme ça jusqu'à la rentrée.

Donc c'est vraiment comme à l'époque du ménage à 3, vous faites beaucoup de concerts ? Comme y’a dix piges, sur la route, nous c'est ça. On a vraiment fait ce projet (Mapassa) pour se donner une raison de revenir, d'aller à la rencontre du public. A chaque concert où on va en France, dans la province, n'importe où, on tombe toujours sur des mecs qui nous ont vus il y a dix ans, des trucs comme ça. On a quand même fait des grandes tournées à l'époque donc on reparle de ces dates dix ans plus tard.

Le collectif Ménage à 3 c'est toujours d'actualité ? Les mecs comme Krokmiten ? Nous on se voit, le Ménage à 3 c'est une famille, même quand on ne se voit pas on se voit. Monsieur R il est toujours là, Philo maintenant c'est lui qui produit Youssoupha, Lion S travaille avec Time Bomb, il y a Mano Mesa qui est là, il y a Rick Sweet qui manage Casey, chacun est là, on est tous dans l'artistique, on se rencontre, on est ensembles.

Krokmiten lui aussi est là en video, il fait toujours ses trucs, c'est la pensée du MA3. Si tu veux on est précurseurs sur pleins de trucs, Ménage à 3 c'est un concept, une famille, un état d'esprit et là dedans, Krok nous a amenés à faire plein de trucs.

Qu'est ce qui vous motivait à l'époque ? Notre motivation c'était d'être sur scène, de faire du show, d'aller plus loin, toujours aller plus loin, on a arrêté les tapes on a eu direct l'album qui est sorti, on l'a autoproduit, on a été signés par un tourneur, on a chanté au Canada, on a chanté en Belgique, en Suisse, en Allemagne, on a fait une tournée, on était le premier groupe de rap indépendant à faire une tournée, après ça on a enchaîné Bisso, on a fait une tournée en Afrique, sans jamais vraiment calculer ce qu'on faisait.

Là avec 2bal, on a fait 12 morceaux, on s'est dit « bon, on a douze morceaux, on les sort avec des morceaux qu'on aime à l'ancienne, le public va aimer, on va faire le truc, BOUM. » On nous appelle pour un concert on le fait, on fait pas de gros calculs, on n'a pas de pression de ventes, on n'a pas de pression genre « si on rappe mal là... ». On le fait comme y a dix piges, toujours la même on est en indé, on s'en bat les couilles de savoir si dans les mecs qu'on intéresse il y a untel ou untel, t'es intéressé, y a pas de problème, on parle. Le seul truc par rapport à il y a 10 ans c'est qu'on peut se permettre de parler argent tandis qu'à l'époque on s'en foutait des thunes, on comprenait rien.

Maintenant pour le biz, on a quand même tous vieilli, on a les pères de familles, on a nos producteurs, on a monté nos sociétés, on ne peut plus émettre le fait qu'on est que des artistes, on est obligés de se confronter au business, si on nous parle chiffres, on est obligés de parler chiffres. En même temps on est conscients qu'on commence à avoir un statut et qu'on n'a pas fini de prouver encore, parce qu'il faut toujours prouver dans la musique. Quand on aura sorti notre album, un deuxième après 2bal et peut être un troisième, là on pourra se dire qu'on n'a rien à prouver.

Et à l'époque de la sortie de l'album de 2bal 2neg, c'était quoi l'ambiance à Paris dans les soirées hip hop ? Il y avait toujours des bandes ? Disons que nous, on est dans une génération bâtarde, on est plus jeunes que les anciens et on est plus vieux que les jeunes. C'est à dire que nous, on est vraiment la deuxième génération du rap parce qu'il y a NTM et tout ça... et après, nous on se considère comme étant le premier groupe indépendant à avoir fait un grand bruit, une grande tournée, des scènes que faisaient seulement des groupes signés donc c'est surtout notre disque qui nous a amenés là où on a été et les scènes aussi. Par rapport à ça, si tu veux l'époque des Requins, des Dragons, on y était pas, c'était les grands cousins, les grands frères mais nous notre famille c'est Ménage à 3. Notre période, c'était une période assez hip hop, assez gangsta dans le sens où quand on arrivait on était quinze ou vingt. A l'époque il n'y avait pas de groupe que personne ne connaissait, dans le hip hop, tout le monde se connaissait, c'était même si t'es le petit frère ou le petit cousin à l'autre, tout le monde te connaissait, alors que maintenant, les gens arrivent de nulle part et sont exposés, tandis qu'avant à Paris, tu ne pouvais pas monter sur scène si t'avais pas un petit passé ou ton équipe, si tu croyais que t'allais arriver sur scène tout seul, c'était mort, il fallait prouver, tu pouvais pas faire de clash.
A l'époque les clash ne se passaient pas en live, ça ne se passait que dans la rue, les gens savaient tout ce qui se passait mais c'était que dans la rue, il n'y avait pas autant de médiatisation de la violence.

Est-ce que tu penses que le rap a évolué en mal par rapport à cette époque? Que la mise en avant des clash a pu amener des « faux » dans l'industrie ? Non, disons que le rap évolue et c'est tant mieux, mais personnellement on n'adhère pas à tout ce qu'on entend mais ça a toujours été comme ça. Nous on est des puristes dans un sens où on se lève, on écoute du rap, on vit hip hop, on mange hip hop, donc on ne peut pas arriver et dire comme ça qu'on s'en bat les couilles du hip hop, moi c'est la rue, c'est la street je sais pas quoi, ça non! tu vois ce que je veux dire? Cette musique elle a un passé, elle a une histoire qu'il ne faut pas dénigrer comme c'est arrivé genre « moi j'fais du rap parce qu'il y a du biff », faut arrêter ça, je ne suis pas d'accord avec tous ces délires là. Nous on fait ça avec le coeur, on a toujours fait ça avec le coeur, j'ai 29 piges, on a fait nos premiers concerts on avait onze ans, tu peux pas nous blâmer, moi c'est ma vie, donc tu peux pas arriver et dire « moi le rap, j'm'en bats les couilles ». Si tu t'en bats les couilles t'as rien à faire dans cette musique, nous on est là, on la vit, on la bouffe, donc voilà j'adhère pas obligatoirement à tout ce genre de hip hop. Maintenant il y a beaucoup de petits aussi qui me font plaisir, là ce soir par exemple on est venus avec Vary, c'est un jeune de 20 ans. Il y a du rap qui est jeune et j'ai de l'espoir dans la prochaine génération de rappeurs, il y en a dans les quartiers qui font mal, donc ça me fait plaisir.

Est ce que le travail, la technique de votre écriture a évolué depuis le début ? Non, franchement, comme y a dix piges. Avec TMC on s'est pas vus pendant 7 piges, on a mis des instrus, quelques galettes et BOUM c'était parti, c'est en nous. N'importe où on est, on rappe, on écrit, donc y a pas de problème, même si on ne nous entend pas, ça ne veut pas dire qu'on ne travaille pas, c'est comme un sport. Une fois que t'as mis ton disque en rayon ça y est, t'es sur le ring, t'es prêt à affronter n'importe qui et à combattre, la scène c'est aussi le ring, c'est le vrai combat tous les jours. Maintenant le secret pour ça c'est d'être entraîné, nous on combat pour que les gens nous connaissent et qu'ils entendent notre message, c'est le fond, c'est la forme, c'est MAPASSA.

Propos recueillis par Grorille

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nemanja, jeudi 23 août 2007 | | Commentaire(s)

entre dans un musée, ou lis un bouquin

Pour le prix de deux revues à la con chez ton marchand de journaux qui ne t'apprendront pas grand chose, un bon investissement pour tous ceux qui s'interessent de près ou de loin à la culture hip hop, ou du moins ce qu'il en reste : Combat rap, de Thomas Blondeau et Fred Hanak, chez Castor Music, dispo dès maintenant un peu partout. Achète. C'est pas un conseil, c'est un ordre.

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Sir-Sux, lundi 4 juin 2007 | | Commentaire(s)